Belle-Île / Amnesia - Anne Teresa De Keersmaeker et Steven Fillet
À l'automne 2024, Anne Teresa De Keersmaeker et le plasticien Steven Fillet ont tendu une grande toile sur une falaise à Belle-Île-en-Mer. Anne Teresa y dansait et Steven y dessinait. Cette grande toile découpée en sept tableaux continus est le décor de la salle Pont du Musée des Arts Contemporains du Grand-Hornu où la chorégraphe danse en communion avec la dernière sonate de Beethoven.
Belle-Île et Amnesia : Anne Teresa De Keersmaeker et Steven Fillet pour une experience artistique complète
- À l'origine, la mémoire d'une expérience de danse et de dessin vécue à Belle-Île-en-Mer
- Une grande toile découpée en sept tableaux continus qui tapissent la salle Pont du Musée des Arts Contemporains
- Amnesia : une performance singulière devant les sept tableaux de Steven Fillet, structurée par la dernière sonate de Beethoven
- Anne Teresa De Keersmaeker, chorégraphe des croisements de disciplines
- Le Musée des Arts Contemporains - Grand-Hornu, dans un site patrmoine UNESCO

À Belle-Île, Anne Teresa de Keersmaeker danse et Steven Fillet dessine
À l'automne 2024, les deux artistes se sont livrés à une expérience de création unique : ils ont choisi de quitter l’atelier ou le studio de répétition et de travailler en plein air, dans une nature sauvage, déchaînée et majestueuse. Sur une falaise de Belle-Île-en-Mer, au large de Quiberon en Bretagne, ils ont tendu une immense toile blanche de cinq mètres sur vingt au-dessus de l’océan. Imprégnés par le vent, la lumière, le bruit des vagues, ils ont investi lentement ce support en communion avec la nature. Il en résulte une accumulation, une lente sédimentation de gestes et de temps qui se déposent couche après couche. Anne Teresa De Keersmaeker dansait, et Steven Fillet dessinait autour d'elle, après elle, avec elle.
D'une grande toile à sept tableaux
La grande toile de Belle-Île devient ainsi le témoignage stratifié d'une expérience artistique vivante au milieu des éléments. Elle a été ensuite découpée en sept tableaux de grand format pour un accrochage dans un espace muséal tout en longueur, blanc et lumineux : la salle Pont du Musée des Arts Contemporains de Grand-Hornu en Belgique. Cette salle aux dimensions exceptionnelles passe ainsi du statique au dynamique, animée par la progression des œuvres, depuis la sobriété du trait noir sur la toile jusqu'à la puissance dorée qui tranche sur l'un des tableaux. Steven Fillet a poursuivi le travail sur ces toiles au rythme de la sonate n° 32 en ut mineur, op. 111, de Ludwig van Beethoven en marquant chacune d'un numéro qui correspond aux temps de la sonate.
"Être dans un "white cube", c'est tout autre chose qu'être dans une "black box" : il y a l'accès au détail, la proximité, la lumière du jour, le reflet..." Anne Teresa De Keersmaeker
Amnesia : la sonate nº 32 Opus 111 de Beethoven rythme le temps et la performance
C'est dans ce cadre qu'Anne Teresa De Keersmaeker a conçu avec Alain Franco une performance de 45 minutes environ rythmée d'abord par les bruits de l'océan et du vent, puis par la sonate n° 32 en ut mineur, Opus 111 de Beethoven : Amnesia. C'est un moment à la fois écrit et improvisé, qui invite au lâcher-prise, à la méditation, tout en scrutant les variations du mouvement au regard de la musique qui rythme le temps. Au départ, la danseuse couchée au sol semble sortir d'une sorte de léthargie, secouée par les éléments et la musique qui l'invitent à s'animer, se redresser et surtout dialoguer avec les toiles. Dans un costume noir, les gestes prennent un relief particulier sur le camaïeu de blanc et crème des toiles et de la salle. Amnesia reflète la mémoire de l'expérience vécue à Belle-Île, dans une confrontation singulière avec les toiles de Steven Fillet et la musique de Beethoven pour trouver un difficile équilibre, "une harmonie perdue" comme l'affirme l'artiste. Le public - 120 personnes pour chaque session - évolue dans la salle, suit la danseuse, s'imprègne des toiles et de la lumière de la salle, pour une expérience, si elle fonctionne, qui permet d'apprécier la danse, les tableaux et la musique différemment.
Anne Teresa De Keersmaeker renouvelle le dialogue entre la danse, la musique et les arts
À 66 ans, avec quarante-six ans de carrière et cinquante-six spectacles, la Flamande Anne Teresa De Keersmaeker est une icône de la danse contemporaine. Elle s'est d'abord formée à l'école Mudra à Bruxelles, fondée par Maurice Béjart, puis à la Tisch School of the Arts de New York. Elle a fondé sa compagnie Rosas en 1983 et son école P.A.R.T.S. (Performing Arts Research and Training Studios) à Bruxelles en 1995. Son style, qui s'appuie souvent sur des musiques répétitives, se caractérise par une pratique virtuose du mouvement et un lien quasi-mathématique à l'espace et au temps. Ses œuvres-phares "Fase" (1982) et "Rosas Danst Rosas" (1983) ont renouvelé le dialogue entre la musique et la danse. Parmi ses chorégraphies les plus connues, on peut citer "Mozart/Concert Arias" ou "Rain".
Le Musée des Arts Contemporains - Grand-Hornu : un site exceptionnel
Tout près de la frontière française et non loin de Valenciennes, à 2 h 15 de Paris, le Musée des Arts Contemporains est installé sur l’ancien charbonnage du Grand-Hornu, site d’archéologie industrielle du XIXe siècle classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Le MACS se distingue par le "génie du lieu" qui inspire depuis plus de 20 ans de nombreux artistes majeurs de la scène internationale et les invite à y réaliser des projets spécifiques : Christian Boltanski, Anish Kapoor, Giuseppe Penone, Tony Oursler, Adel Abdessemed ou encore Matt Mullican. Le musée porte une attention toute particulière à la scène des arts plastiques en Fédération Wallonie-Bruxelles à travers ses expositions monographiques (Aline Bouvy, Lionel Estève, Ariane Loze et en ce moment Lucia Bru).
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Anne Teresa De Keersmaeker et Alain Franco conception et chorégraphie
Steven Fillet peintures
Avec Anne Teresa De Keersmaeker
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