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Armin Hokmi - Bazm (repertoire) au Festival Montpellier Danse

Armin Hokmi, chorégraphe iranien révélé par son spectacle "Shiraz", poursuit son exploration de ce qui provoque dans les corps l'impulsion du mouvement. Dans "Bazm (repertoire)", on est absorbé par les imperceptibles secousses qui dévient le parcours lent et hypnotique de danseurs en lévitation.

26/6/2026
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27/6/2026
Montpellier Danse - Opéra Comédie

Bazm, d'Armin Hokmi : quand le mouvement sort du cadre répertorié

  • Une pièce lente et hypnotique qui demande un abandon total
  • Musique envoûtante pour un ballet sur le fil
  • Armin Hokmi ausculte l'impulsion du mouvement
  • Un processus de création fondé sur la reformulation itérative
Armin Hokmi BAZM (REPERTORE) au Festival Montpellier Danse
Restitution de résidence au Ballet national de Marseille, 15 juin 2026

Une pièce lente et hypnotique qui demande un abandon total

En farsi, "bazm" est un vocable qui décrit un événement qui ne se déroule pas comme prévu, qui s'éloigne de son but d'origine. Armin Hokmi a choisi d'opposer cette notion d'imprévu et de surprise au terme artistique qui véhicule le mieux la notion de cadre établi, de référentiel où les concepts, les styles et les courants rentrent sagement dans des cases : le répertoire. Sur le plateau dépouillé, dix danseurs aux allures totémiques occupent l'espace, en petits groupes ou grand ensemble. Leur posture presque uniforme est établie dès le début : les mains se rejoignent sur l'abdomen, comme pour dessiner un arc qui contraint le mouvement. Les costumes en camaïeu de gris, bruns et bleus aux formes géométriques accentuent cette impression de cadrage, comme dans un tableau cubiste. Mais le mouvement n'est pas tranquille : de constants soubresauts décrochent les épaules, plient la colonne vertébrale, secouent les hanches. Le cadre se fissure, s'ouvre à l'ambiguïté, l'instabilité ou l'insécurité. Tout le spectacle s'apprécie dans un total abandon pour que ces chocs imperceptibles construisent un parcours aussi ardu qu'hypnotique, à la fois poétique et traumatique. Dans cette forme d'extase minimaliste, on peut, si on y est prêt, s'approcher de l'essence-même du corps en mouvement.

Musique envoûtante pour un ballet sur un fil

La bande-son du spectacle est un ingrédient essentiel de cette hypnose singulière. La musique composée par Helen Island et CARYO alterne mélodies pop envoûtantes et percussions stridentes qui sèment le désordre. C’est le Parisien Léopold Collin qui est derrière l’étrange et suggestif pseudo Helen Island. Artiste multidisciplinaire, il explore la peinture, la poésie et d’autres formes d’art conceptuel en plus de la musique. Helen Island crée une musique pop alternative, étrange et hallucinée, qui se combine avec les rythmes plus rapides et orientalisants de l'artiste électro iranien CARYO. Cette juxtaposition soutient la dramaturgie du spectacle en créant des tensions sonores intrigantes, voire alarmantes quand elles bousculent la subtile progression des corps dans l'espace.

"Le concept "bazm" reflète mon expérience de la danse : quelque chose qui me déconcerte, me déroute ou m'électrise sans que je sache où cela va me mener. Et me laisse dans un état ouvert à toutes les explorations." Armin Hokmi

Armin Hokmi ausculte l'impulsion du mouvement

Né à Booshehr en Iran, Armin Hokmi vit entre Berlin et Oslo. Il a débuté son parcours artistique en 2009 comme comédien dans un théâtre indépendant en Iran, avant de s'expatrier pour étudier en Norvège, puis en Allemagne. L'artiste basé à Berlin est associé de longue date à Montpellier Danse. C'est là qu'on l'a découvert avec son spectacle "Shiraz" en 2024, un travail d'orfèvrerie chorégraphique qui prend l'ampleur d'un rituel mystique sur une base minimaliste et lancinante. En 2025, il a présenté à Montpellier Danse "Of the Heart, an Etude" qui peut être considérée comme une base de recherche pour "Bazm". Armin Hokmi construit un vocabulaire chorégraphique riche et captivant, ancré dans une recherche permanente de l'origine des sensations et des émotions en danse pour comprendre d'où vient ce qu'il appelle l'impulsion. Il s'intéresse particulièrement à l'origine du frisson et à l'élan qui provoque la danse avant même qu'elle ne devienne un langage structuré.

Un processus de création très itératif

Armin Hokmi travaille sur cette pièce depuis un an et demi, car il faut "laisser à la pièce le temps de reformuler son existence-même." Si le concept émerge souvent au départ d'un sentiment d'urgence à exprimer quelque chose, il s'appuie ensuite sur un ensemble d'éléments structurants : le nom de la pièce, le contexte, le lieu, la distribution... "On arrive alors à la question essentielle : a-t-on en mains la bonne combinaison de visions, de désirs, d'énergies et de compétences ? Ce qui distingue le travail chorégraphique, c'est qu'on se donne l'opportunité de reformuler toutes les composantes déterminées initialement. Tout se matérialise par accumulation de contributions créatives ou d'évolutions parfois très subtiles".  Les résidences, à l'Agora Cité internationale de la danse de Montpellier ou plus récemment au Ballet national de Marseille, permettent à des artsites disséminés à travers de monde de se retrouver pour inteargir physiquement. Jusqu'à pouvoir partager ce travail collectif avec le public.
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Armin Hokmi concept et chorégraphie
Helen Island, CARYO musique
Avec Gyeongjin Lee, Adam Russell Jones, Leonie Türke, Even Eileraas, Louise Dahl, Emmi Venna, Jolinus Pape, Tasha Hess-Neustadt, Eline Chao Vaaje, Aline Lebrun

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26/6/2026
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27/6/2026
Montpellier Danse - Opéra Comédie
Place de la Comédie 34000 Montpellier
À 20 h - Durée : 1 h environ
Photos © Culture First - Restitution de résidence au Ballet national de Marseille, 15 juin 2026
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