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Ballet national de Marseille - (LA) HORDE - Après moi, le déluge

Avec Après moi le déluge, (LA) HORDE livre avec le Ballet national de Marseille un conte fantastique aux riches composantes visuelles qui voit renaître un monde effondré grâce à la force souterraine du mouvement et de créatures mystérieuses. À voir à Montpellier Danse, au Festival de Marseille puis au Théâtre de la Ville à Paris.

30/6/2026
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12/9/2026
Festival Montpellier Danse - Festival de Marseille - Théâtre de la Ville

Après moi le déluge : la danse pour résister à l'effondrement du monde

  • Un récit de renaissance par le corps en mouvement
  • Un univers fantastique aux multiples références plastiques et musicales
  • Les thèmes évoqués : survivre dans un monde en danger d'effondrement
  • (LA) HORDE, un parcours initiatique de groupe
(LA) HORDE Ballet national de Marseille - Après moi, le déluge
© Gael.le Astier-Perret

Un récit de renaissance par le corps en mouvement

Tout commence dans la plénitude d'une fontaine de jouvence, un bassin où des corps prennent soin les uns des autres. Mais les gestes de douceur glissent imperceptiblement vers des marques de domination et d'emprise sur des danseurs en état d'abandon : on les voit tantôt immobiles, presque hébétés, ou se ramollir, s'affaiser, fondre dans des postures amorphes lorsqu'on ne les traîne pas carrément au sol. Cette machine infernale ne peut être arrêtée qu’au prix d’un acte radical : détruire le sol, éventrer la scène, ouvrir un gouffre. La scénographie sophistiquée de Julien Peissel et (LA)HORDE nous fait alors descendre dans un monde souterrain peuplé de figures fantastiques : des monstres munis de prothèses et de masques, mi-animaux, mi-humains, effrayants mais aussi porteurs d'une promesse de transformation. Dans ce groupe transparaissent les maux de notre société contemporaine, le pouvoir incontrôlé des images numériques, la manipulation, la surveillance de masse symbolisée par une caméra qui filme les spectateurs. "Les scènes s’enchaînent comme des micro-rituels où le soin peut réparer autant qu’il peut contraindre, où la douceur glisse parfois vers l’emprise et les gestes d’attention se chargent de contrôle" explique (LA) HORDE. L'énergie collective suffira-t-elle à rassembler et retrouver l'espoir et la liberté ?

Un univers fantastique aux multiples références plastiques et musicales

(LA) HORDE revendique des influences multiples, qu'elles viennent du théâtre, du cinéma ou des arts plastiques. Cette pièce de danse-théâtre souhaite "traduire ainsi de manière plastique l'inspiration du mouvement". Au théâtre, c'est l'univers de la Commedia dell'Arte, avec ses costumes et ses masques, que soulignent les chorégraphes, mais ils mentionnent aussi le travail de Romeo Castellucci. Au cinéma, les trois artistes citent beaucoup Elephant de Gus Van Sant, Palme d'Or au Festival de Cannes en 2003. Les inspirations sont diverses dans les arts plastiques : les artistes citent Bill Viola, Matthew Barney et ses sculptures inspirées de la brebis clonée Dolly ou encore Cindy Sherman, son théâtre photographique et ses autoportraits où elle se met ainsi en scène dans des costumes et des attitudes qui questionnent l'identité. En musique, le groupe s'appuie autant sur les paysages sonores originaux de Pierre Aviat que sur un hit pop de 2001, Chop Suey! de System of A Down : "j'ai redécouvert cette chanson qui m'avait bouleversé adolescent" affirme Athur Harel. Angelin Preljocaj avait d'ailleurs déjà repris ce titre dans son spectacle Requiem(s).

"Aborder des questions d'ordre plastique et philosophique sous un angle contemporain." Marine Brutti, (LA) HORDE

Les thèmes évoqués : résister par le mouvement collectif dans un monde en danger

Sur ce spectacle, comme lors de la création de A Room With A View en 2020, (LA) HORDE a collaboré avec l'écrivain et créateur sonore Alain Damasio qui a livré à la presse un enregistrement quasi-testamentaire de ses réflexions. Pour lui, nous traversons un "triple orage" : le dérèglement climatique, le retour du fascisme et l’essor d’une intelligence artificielle qui menace de tout remplacer. Dans ce contexte, nos corps risquent de devenir de simples décors dévitalisés par le numérique et emportés dans une société de consommation effrénée et vide de sens. Mais aucun pouvoir ne peut être aussi fort que des corps libres en mouvement. Alors que les robots peuvent être plus rapides ou plus précis, ils n'auront jamais cette capacité humaine à l'émotion, à l'imprévisible et au courage. L'auteur nous invite aussi à une prise de conscience : les "monstres" que nous critiquons (figures politiques autoritaires ou systèmes d'oppression) se nourrissent de nos propres peurs et de nos comportements. Résister, c'est donc apprendre à transformer cette énergie négative en force de vie, un peu comme un art martial qui utilise la force de l'adversaire. La danse nous enseigne qu'il faut accepter la "gravité" du moment, non pas pour subir la chute, mais pour mieux s'en servir comme d'un appui afin de bondir et de se relever.

(LA) HORDE au Ballet national de Marseille : un parcours initiatique de groupe

À la direction du CCN Ballet national de Marseille depuis 2019, (LA)HORDE réunit depuis 2013 les artistes Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel. Le collectif interroge la portée politique de la danse avec des chorégraphies ultra-physiques dans des scénographies spectaculaires et des univers sonores tonitruants. Ils ont créé, entre autres, Night Owl (2016), To Da Bone (2017), Marry Me in Bassiani (2019), Room With A View (2020) et Age Of Content (2023). Pour Jonathan Debrouwer, les 23 interprètes du Ballet national de Marseille, de 16 nationalités, sont totalement partie prenante du travail chorégraphique. Ce sont des "penseurs du corps", des "danseurs d'alerte" pour reprendre l'expression d'Alain Damasio. Le nom du collectif est d'ailleurs inspiré du titre d'un roman de cet écrivain, La Horde du Contrevent, publié en 2004. Une œuvre de "science-fantasy" où vingt-trois adultes parcourent le monde à contre-vent pour atteindre le mythique Extrême-Amont, la source de tous les vents. Le vocable est collectif, inclusif, reflet imagé d'un "parcours initiatique de groupe".
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(LA) HORDE -  Marine Brutti, Jonathan Debrouwer, Arthur Harel conception, mise en scène et chorégraphie en collaboration avec les danseurs et répétiteurs du Ballet national de Marseille
Julien Peissel & (LA)HORDE scénographie
Pierre Aviat musique originale
Avec (en alternance) Nina Auerbach, Isaïa Badaoui, Alida Bergakker, Arno Brys, Isla Clarke, Pierpaolo Cosentino, Titouan Crozier, João De Castro Franca, Nathan Gombert, Jonatan Myhre Jørgensen, Yoshiko Kinoshita, Dana Pajarillaga, Kevin Pajarillaga, Aya Sato, Gabriella Sibekos, Eden Solomon, Elena Valls Garcia, Luca Völkel, Layne Paradis Willis, Lung Ssu Yen.

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30/6/2026
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12/9/2026
Festival Montpellier Danse - Festival de Marseille - Théâtre de la Ville
Marseille - Montpellier - Paris
Durée : 1 h 15 environ

Festival Montpellier Danse - Opéra Berlioz, Corum - 30 juin et 1er juillet 2026
Festival de Marseille - Du 5 au 8 juillet 2026
Théâtre de la Ville - Sarah Bernhardt - Du 5 au 12 septembre 2026

Photos © Gael.le Astier-Perret
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