Atys de Lully avec le Ballet Preljocaj à l'Opéra Royal de Versailles
Qualifié « d’Opéra du Roi » dès sa création devant la Cour de Louis XIV en 1676, Atys de Lully est présenté dans une version entièrement chorégraphiée par Angelin Preljocaj pour mieux révéler les secrets de l'œuvre. Un grand moment à l'Opéra Royal de Versailles.
Angelin Preljocaj et Leonardo García Alarcón livrent un Atys de Lully encore plus poignant
- L'histoire d'Atys : des amours contrariées et une vengeance funeste
- Un opéra baroque à la française
- Preljocaj signe une chorégraphie sensuelle et captivante
- Portrait de Jean-Baptiste Lully, musicien du Roi-Soleil

Atys, une histoire de jalousie et de vengeance chez les Dieux
Le jeune Atys, prêtre de la déesse Cybèle, et Sangaride s’aiment secrètement, mais Sangaride est destinée à épouser le roi de Phrygie, Célénus. La déesse Cybèle, elle-même éprise d'Atys, découvre cet amour contrarié. Lorsque Atys réclame que Sangaride soit libérée de son engagement avec Célénus, Cybèle déclenche sa vengeance. Elle inflige à Atys un accès de folie, durant lequel il prend Sangaride pour un monstre et la tue. Effaré par son crime, Atys se poignarde et expire. Cybèle, pleine de remords, métamorphose alors le corps du héros en pin et exige qu'il soit vénéré éternellement. Cette histoire est une peinture intense des passions, des non-dits et de la réticence des personnages à révéler leurs propres sentiments.
Un opéra baroque à la française
Atys est une œuvre caractéristique d'un certain goût français en opposition à l'opéra baroque italien, avec un chant proche de la déclamation théâtrale et très éloigné des « fioritures » italiennes. Lully privilégiait le récitatif mélodieux et ses formes variées, assujettissant la composition musicale au texte pour exprimer les émotions avec intensité et subtilité. L'œuvre est structurée autour d'une ouverture à la française (lent-vif-lent), caractérisée par des rythmes pointés majestueux. Ici, la danse est fondamentale : elle accompagne l'opéra avec des formes comme le menuet, la gavotte, la chaconne ou la passacaille. Ces danses, notamment la chaconne avec sa basse obstinée, sont souvent associées à des moments solennels ou dramatiques marqués par la tristesse ou la mort.
"Nous sommes frères absolus d'expression, entre musique et danse." Leonardo García Alarcón au Temps de Genève
Angelin Preljocaj : une osmose chorégraphique totale
Pour sa première mise en scène d'opéra, Angelin Preljocaj a choisi de danser Atys sur toute sa durée. Il abolit la segmentation traditionnelle entre chant et ballet pour créer une « osmose chorégraphique » totale qui dynamise les très longs récitatifs de Lully. Les danseurs du Ballet Preljocaj, aux côtés des chanteurs, traduisent en mouvements du corps les émotions des personnages pour générer un second niveau de lecture qui révèle les secrets et les non-dits. Les artistes lyriques sont aussi fortement mis à contribution physiquement. L'esthétique générale met l'accent sur l'intimité du drame. Elle procède d'une inspiration japonisante, avec des éléments gestuels évoquant le théâtre Nô, que Preljocaj a étudié. La scénographie de la plasticienne Prune Nourry est sobre mais puissamment symbolique : elle utilise une haute muraille antique progressivement fissurée d’une arborescence racinaire, symbolisant la déstructuration du temple et du drame. L'apothéose visuelle est atteinte lors de la métamorphose végétale du héros : un arbre fait de cordes noires s'élève vers les cintres. Les costumes de Jeanne Vicérial agissent comme un « exosquelette » qui met les personnages à nu, avec des détails poétiques tels que les cœurs fleuris apparaissant sur la poitrine des amants.
Un court portrait de Jean-Baptiste Lully, musicien du Roi-Soleil
Jean-Baptiste Lully (1632-1687) est le fils d'un meunier florentin. Il arrive à Paris à l'âge de quatorze ans et parvient à se faire engager comme valet de chambre pour enseigner l’italien à la Grande Mademoiselle, la cousine de Louis XIV. C'est le premier pas d'une ascension déterminée qui lui ouvre les faveurs et l'amitié de Louis XIV. Ce dernier le nomme surintendant de la musique. Lully fonde l'Académie royale de musique, qui deviendra plus tard l'Opéra de Paris. Parmi ses œuvres-phares figurent les tragédies lyriques comme Armide, Atys et Phaéton. Son style musical est caractérisé par l'utilisation intensive de la danse, des rythmes vifs, des mélodies expressives et une orchestration riche. Lully a également introduit la récitation musicale dans l'opéra français, marquant ainsi une rupture avec les traditions italiennes. Sa musique a exercé une influence majeure sur le développement de l'opéra en France.
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Tragédie en musique en un prologue et cinq actes (1676) sur un livret de Philippe Quinault
Leonardo García Alarcón direction musicale
Angelin Preljocaj mise en scène et chorégraphie
Matthew Newlin Atys
Giuseppina Bridelli Cybèle
Ana Quintans Sangaride
Andreas Wolf Celenus, Le Temps
Victor Sicard Idas, Phobétor, Un songe funeste
Mariana Flores Flore, Doris, Iris, Divinité fontaine II
Luigi De Donato Le Fleuve Sangar
Nicolas Scott Le Sommeil
Lore Binon Mélisse, Divinité fontaine I
Valerio Contaldo Morphée, Dieu de Fleuves
Attila Varga-Tóth Phantase
Capella Mediterranea
Chœur de l'Opéra Royal
Ballet Preljocaj
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