Dessins français des collections privées françaises au Musée de Picardie
Une remarquable sélection de dessins français du XVIe au XVIIIe siècle, issus de collections privées françaises et pour la plupart très peu montrés. Le Musée de Picardie à Amiens mérite une escapade à une heure de Paris pour contempler le raffinement d'œuvres de grands maîtres comme Simon Vouet, Poussin, Watteau, Fragonard et bien d'autres.
Exposition Dessins français des collections privées françaises au Musée de Picardie
- De magnifiques dessins pour la plupart rarement montrés
- Deux siècles d'affirmation d'un art qui devient majeur
- Quelques chefs-d'oeuvre à ne pas manquer
- Une escapade à Amiens : les incontournables

170 dessins issus de collections privées françaises
C'est ce qui fait le caractère exceptionnel de cette exposition : les 170 pièces ont été patiemment réunies auprès de collectionneurs français par les commissaires Patrick Ramade, Nicolas Schwed et Pierre Stépanoff, Directeur du Musée. Pour la plupart rarement montrés, les dessins sont présentés comme ils le sont chez les collectionneurs, avec leurs cadres et passe-partout précieux. Les collectionneurs ont d'ailleurs manifesté beaucoup d'enthousiasme pour cette exposition avec une vraie envie de partager leurs trésors.
Deux siècles d'affirmation d'un art majeur
1589-1789 : du début du règne d'Henri IV à la Révolution française, deux siècles qui ont vu s'affirmer en France un art qui, du simple statut d'étude préparatoire à la peinture, devient une discipline à part entière. À la fois économique et spontané, le dessin est d'abord un outil pour présenter une idée, décrire un projet ou saisir une scène sur le vif dans un carnet. Dans cette période, les techniques s'affinent et gagnent en virtuosité. L'exposition reflète cette diversité technique : pointe noire, craie blanche, sanguine, encre brune, pastel sont utilisés séparément ou ensemble pour un rendu délicat et sophistiqué. Enfin, la période voit s'établir un véritable marché du dessin avec des collectionneurs avisés. Le Musée de Picardie profite de l'exposition pour présenter une sélection de 26 dessins de son propre fonds graphique qui n'est montré que par rotation compte tenu de la fragilité des œuvres. On y voit un superbe portrait au pastel de Maurice Quentin de La Tour, récemment attribué à Jean-Gabriel Montjoye.
"Une période d'éclosion d'un art spécifiquement français avec de grands acteurs de la pratique du dessin." Pierre Stépanoff, Directeur du Musée de Picardie
Quelques chefs-d'oeuvre à ne pas manquer
Parmi les dessins les plus remarquables, une magnifique étude pour Le Christ à la Colonne, de Simon Vouet : un sommet de virtuosité dans le traitement du corps masculin et sa musculature sublimée par des rehauts de craie blanche sur un dessin à la pierre noire. De François Lemoyne, l'Étude pour la figure de Pandore montre une exceptionnelle maîtrise de la technique des trois crayons : pierre noire, craie blanche et sanguine. Elle prépare le célèbre plafond d'Hercule peint par l'artiste au Château de Versailles. Le Lorrain brille par ses compositions paysagères grâce à l'utilisation des lavis d'encre qui donnent profondeur et mystère à ses dessins de paysages, comme dans sa Vue panoramique de la campagne romaine.
La fantaisie du XVIIIe siècle est représentée par des pièces exquises, notamment le coquin Baiser à la fumée de Fragonard où deux jeunes gens profitent de la fumée d'une poêle qui envahit le foyer pour échanger un baiser. Watteau se pose en précurseur de la gravure de mode avec son élégant Portrait d'un homme debout, tourné vers la gauche, portant une cape et un béret. Le Musée de Picardie est fier de présenter une monumentale sanguine de Jean-Michel Moreau qui montre avec force de détails aussi solennels que cocasses la prise de serment du roi Louis XVI dans la cathédrale de Reims en juin 1775. Le règne animal est saisi avec une grande acuité, notamment dans le superbe Perroquet vu de dos dessiné aux trois crayons par Pieter Boel, ou cette étonnante chouette d'Edmé Bouchardon, animal fétiche du baron Philipp von Stosch qui demandait à tous les artistes de l'Académie de France à Rome de la dessiner. Le retour du "Grand genre" et du goût pour l'antique est incarné par Jacques-Louis David, dont on admire l'esquisse de Brutus assis, accoudé, préparatoire au célèbre tableau Les Licteurs apportent à Brutus les corps de ses fils.
Une escapade à Amiens : les incontournables
Amiens est à 1 h 10 de Paris au départ de la Gare du Nord, avec de nombreux trains chaque jour : on peut tout à fait faire l'aller-retour dans la journée. Le Musée de Picardie, dans le centre historique, est à 10 minutes à pied de la gare. Profitez-en d'abord pour admirer les collections permanentes du musée où l'on peut voir, entre autres, un extraordinaire Greco, de très beaux Ribera, un superbe portrait de gentilhomme du flamand Nicolas Maes et des toiles d'Hubert Robert là où on ne l'attend pas : Les Polichinelles peintres et Les Polichinelles chanteurs. Dans les incontournables de la ville : la majestueuse cathédrale gothique et sa nef la plus haute de France, le quartier Saint-Leu et son charme de vieilles maisons colorées bordées de canaux, les Hortillonnages, autrefois îlots maraîchers en pleine ville que l'on découvre en barque par un dédale de "rieux" (petites rivières), et enfin la Maison de Jules Verne où l'écrivain habita pendant 34 ans.
Simon Vouet - Le Christ à la colonne
Antoine Watteau - Homme debout, tourné vers la gauche, portant une cape et un béret
Maurice Quentin de La Tour - Portrait de Belle de Zuylen
Edmé Bouchardon - Chouette de face, sur un pied






