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Georges Kars (1880-1945). Un Bohémien à Paris

C'est une figure éminente de l'École de Paris et de l'avant-garde artistique de la première moitié du XXe siècle. Le musée d'art et d'histoire du Judaïsme jette une nouvelle lumière sur la peinture et les dessins du Tchèque Georges Kars. Un style figuratif nourri de cubisme et d'expressionnisme qui éblouit par la texture, les couleurs et la présence des sujets.

15/10/2026
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Musée d'art et d'histoire du Judaïsme

L'exposition Georges Kars au musée d'art et d'histoire du Judaïsme

  • Georges Kars, une figure majeure de l'avant-garde européenne dans la première moitié du XXe siècle
  • Le parcours de l'exposition : enfance à Prague, formation en Allemagne, essor en France et destin tragique
  • Georges Kars à Montmartre : un pilier de l'Ecole de Paris
Exposition peinture Georges Kars Musée d'art et d'histoire du Judaïsme
Marché aux poissons, Tossa (1934) Collection LennArt, Brno

Un peintre éminent de l'École de Paris

Georges Kars (1880-1945) est né Jiří Karpeles dans une famille juive germanophone près de Prague. Lors de sa formation initiale à l’Académie des beaux-arts de Munich, il découvre l'expressionnisme allemand et se lie à des artistes comme Jules Pascin ou Paul Klee. Lors d’un séjour à Madrid en 1906-1907, il découvre les grands maîtres comme Velázquez et Goya et fait la connaissance de Juan Gris. Il choisit de s'installer à Paris, dans le bouillonnement artistique de Montmartre, en 1908. Très vite intégré à la bohème parisienne, il se lie d'amitié avec Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Marc Chagall, Suzanne Valadon et Maurice Utrillo. Son style pictural, marqué à ses débuts par Cézanne et le cubisme, évolue vers une figuration profondément personnelle où prédominent la plénitude des formes, la robustesse géométrique des compositions et la sensualité des volumes. Virtuose du dessin au fusain et à la sanguine, il s'illustre particulièrement dans le nu féminin et le portrait. Il souligne les contours d'un puissant cerne expressif.

Parmi ses œuvres phares figurent la composition monumentale Les emballeuses de citrons à Majorque (1912), la délicate Femme au perroquet (1926), l'emblématique Femme au châle gris (1930), ainsi que le poignant portrait Sur le balcon (1930) dédié à la mémoire de Jules Pascin. Sa vie et sa carrière sont violemment ébranlées par la Première Guerre mondiale, durant laquelle il sert dans l'armée autrichienne. Il doit ensuite faire face à la montée du nazisme. À partir de 1933, Kars passe ses étés à Tossa de Mar, en Catalogne, où il peint des paysages, des portraits et des scènes de la vie quotidienne, sans doute le sommet de son style. Il retourna à Prague en 1937, mais la menace d’une invasion nazie le contraint, lui et son épouse Nora, à fuir vers Paris en février 1939. Après s’être réfugié à Lyon en 1940, il passa clandestinement en Suisse en 1942 où il est interné dans plusieurs camps et ne peut exercer aucune profession. Libéré au début de l’année 1945, il se suicide à Genève peu avant son retour prévu à Paris.

Le parcours de l'exposition Georges Kars

La rétrospective s'articule en plusieurs sections clés retraçant l'itinéraire européen de l'artiste. Une enfance juive en Bohème évoque les origines de Jiří Karpeles à Kralupy et Prague à travers des œuvres intimes et familiales comme le monumental Portrait des parents (1906). La section Les années de formation : Munich, Hambourg, Madrid illustre son apprentissage artistique avec des œuvres telles que Spectacle (La loge) (1905) ou l'étonnant Motif de Hambourg (1906). L'immersion dans Le premier séjour à Paris (1908-1914) met en scène l'effervescence de Montmartre et du Bateau-Lavoir. On y admire le chef-d’œuvre Les emballeuses de citrons à Majorque (1912), influencé par le cubisme, et le Portrait d’Otto Gutfreund (1913). Après l'intermède dramatique de L'interruption de la guerre, qui présente des carnets de dessins du front, l'exposition explore les fraternités artistiques parisiennes.

La section L’amitié avec Valadon, Utrillo et Utter présente des portraits croisés comme le Portrait de Nora Kars par Suzanne Valadon (1922), tandis que les espaces dédiés à Chana Orloff et Jules Pascin dévoilent le célèbre Buste de Georges Kars sculpté en bronze par Orloff (1931) et l'émouvant tableau Sur le balcon (1930) peint par Kars en hommage à son ami Jules Pacsin récemment suicidé. Suit Une fidèle collaboration avec Berthe Weill qui rend hommage à sa première galeriste avec le Portrait de Berthe Weill (1933). Les productions de Kars pendant ses séjours en Catalogne sont rassemblées dans la section Sous le soleil de Tossa de Mar, avec des toiles lumineuses et d'une texture très aboutie comme Le Marché aux poissons à Tossa de Mar (1934) et le Vendeur de melons espagnol (1933). Enfin, Le retour à Prague et la fuite (1937-1940) évoque la situation tragique de Prague à partir de 1938. Dans la section Fuites et exils brille l'ultime Jeune fille à la pomme (1944). Le parcours s'achève sur la poignante section Kars, une œuvre mutilée et l'installation contemporaine 101 Musées : Kars de Raphaël Denis, C'est une évocation symbolique et poignante de l'ombre des toiles détruites ou confisquées comme art dégénéré par le régime nazi.

"L'art ne réside pas dans une technique élaborée, mais dans l'âme." Georges Kars

Georges Kars à Montmartre : un pilier de l'École de Paris

Installé à Montmartre à partir de 1908, Georges Kars s'est rapidement imposé comme l'une des figures majeures de l'avant-garde intellectuelle et artistique réunie au sein de l'École de Paris. Introduit auprès des familiers du Bateau-Lavoir par ses proches amis Jules Pascin et Juan Gris, le peintre tchèque noue des liens fraternels avec les poètes Guillaume Apollinaire – qui sera le témoin de son mariage avec la ballerine Nora Braun en 1908 – et Max Jacob. Dans son appartement-atelier de la rue Damrémont puis de la rue Caulaincourt, le couple reçoit des artistes majeurs comme Marc Chagall, Chaïm Soutine, Louis Marcoussis et Pablo Picasso. Kars guide aussi les intellectuels tchèques de passage à Paris tels que Max Brod.

Après la Première Guerre mondiale, Kars intègre le cercle formé par Suzanne Valadon, son fils Maurice Utrillo et son deuxième mari André Utter. Cette complicité quotidienne et musicale donne lieu à des séjours estivaux au château de Saint-Bernard ainsi qu'à de vibrants portraits croisés, parmi lesquels le Portrait de Nora Kars peint par Valadon en 1922 et l'ultime portrait de Valadon dessiné par Kars sur le lit de mort de son amie en 1938. Avec le peintre Jules Pascin, il partage son atelier. Les deux amis peignent ensemble Nu assis avec des bas noirs, une toile, aujourd’hui disparue. Ils partagent également l’amitié des critiques d’art, comme André Warnod, et des modèles. Avec la sculptrice Chana Orloff, qui réalise son buste en bronze en 1931, il établit une solidarité indéfectible face aux persécutions. C'est avec elle que le peintre fuit clandestinement en Suisse en 1942. Enfin, sa carrière est constamment soutenue par la galeriste pionnière Berthe Weill, qui le promeut fidèlement de 1920 à 1940 avec de multiples expositions.

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15/10/2026
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14/3/2027
Musée d'art et d'histoire du Judaïsme
71 rue du Temple 75003 Paris
Du mardi au vendredi de 11 h à 18 h, samedi et dimanche de 10 h à 19 h

Nu féminin debout avec drapé (1904-1906) Musée municipal de Velvary
Portrait d'Otto Gutfreund (1913) Galerie nationale de Prague
Femme au perroquet (1926) Galerie nationale de Prague
Vendeur de melons (1933) Galerie d'art, Karlovy Vary

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