Revoir le Château-Neuf de Saint-Germain-en-Laye
Une exposition passionnante pour découvrir l'histoire d'une splendide demeure royale chérie par les monarques français d'Henri IV à Louis XIV avant de sombrer dans l'oubli et la destruction. Le musée Musée Ducastel-Vera de Saint-Germain-en-Laye fait revivre les heures de gloire du Château-Neuf.
À la redécouverte du Château-Neuf de Saint-Germain-en-Laye au Musée Ducastel-Vera
- Le Château-Neuf, imposante demeure royale
- Revoir le château dans toute sa splendeur : documents d'époque et reconstitution numérique
- Abandon et démolition, une demeure oubliée
- Le Musée municipal Ducastel-Vera de Saint-Germain-en-Laye

L'âge d'or du Château-Neuf de Saint-Germain-en-Laye
L'épopée du Château-Neuf débute en 1557 lorsque l'architecte Philibert de L’Orme pose la première pierre d'une "maison de plaisance" pour le roi Henri II. Conçue comme un lieu de repos, cette bâtisse originale, surnommée "maison du théâtre et baignerie", se distingue par sa cour quadrilobée d'inspiration antique et ses appartements de bains modernes. C’est toutefois Henri IV qui, dès 1594, transforme radicalement le site en une résidence spectaculaire tournée vers la Seine. S'adaptant à la pente abrupte du terrain, le château s'étire en une succession de terrasses majestueuses reliées par des galeries de brique et de pierre. Dans les jardins descendants, les frères Francini, ingénieurs fontainiers italiens, installent des grottes féeriques qui abritent des automates hydrauliques uniques en Europe. Le Château-Neuf s'inscrit dans le prolongement du château médiéval où les enfants des monarques habitent sans leurs parents. Il devient le terrain de jeu favori du futur Louis XIII, fasciné par les mécanismes d'eau. Le couple Louis XIII et Anne d'Autriche décide de vivre en famille au Château-Neuf, qui voit naître Louis XIV en 1638. C'est l'apogée de Saint-Germain-en-Laye : après avoir ordonné la rénovation du Château-Neuf par Louis Le Vau en 1663, le Roi-Soleil y organise des cérémonies fastueuses, comme la réception de l'ambassadeur turc. Les jardins sont alors redessinés par André Le Nôtre, faisant du Château-Neuf un joyau architectural et paysager sans égal avant que la cour ne s’installe définitivement à Versailles en 1682.
Documents d'époque et reconstitution numérique
Plus d’une centaine d’oeuvres, plans, gravures et objets issus des collections du musée et de nombreux prêts institutionnels, permettent de redécouvrir le Château-Neuf. En outre, une restitution numérique inédite réalisée par l’équipe du Centre André-Chastel (Sorbonne Université) en partenariat avec la Ville, offre une immersion spectaculaire au cœur du palais disparu. Ce travail scientifique mené depuis quatre ans permet de reconstituer le Château-Neuf dans toute sa splendeur, tel qu’il se présentait sous Louis XIII et Louis XIV.
"Saint-Germain est un lieu admirable pour la vue : on découvre une étendue prodigieuse de pays, et la Seine y fait des replis d’une beauté surprenante." Madame de Sévigné, correspondance
De l'abandon à la destruction
L'abandon de la cour pour Versailles marque le début d'un lent déclin pour le Château-Neuf. Devenu un lieu de logement pour les courtisans en exil, puis pour les serviteurs de la Couronne, le palais est progressivement cloisonné et dégradé. Le coup de grâce est porté en 1777 lorsque Louis XVI offre le domaine à son frère, le comte d’Artois. Ambitieux, ce dernier ordonne la démolition de la vieille bâtisse pour ériger un nouveau palais grandiose conçu par l’architecte Bélanger. La cour d’honneur et la partie centrale sont rasées, mais le projet s'arrête brutalement en 1782 faute de fonds, laissant le site en ruines. La Révolution française accélère cet effacement : saisie comme bien national, la propriété est morcelée et vendue à des particuliers qui achèvent de raser les structures restantes. Au XIXe siècle, le paysage est irrémédiablement transformé par le percement de la route du Pecq entre 1832 et 1835, qui entaille les terrasses basses et entraîne la perte de la galerie toscane. Seul le pavillon de la chapelle royale échappe au désastre grâce à Barthélémy Planté, qui le rachète en 1832 pour le transformer en hôtel-restaurant : le célèbre Pavillon Henri IV. L'histoire tragique du château s'achève après la Seconde Guerre mondiale, lorsque l'aile nord, endommagée par un bombardement en 1942, est définitivement démolie. Aujourd'hui, la chapelle royale, seul vestige du château, est dans un état déplorable par manque d'entretien par le Pavillon Henri IV, qui a enlaidi le site avec ses étages hideux en béton qui abritent les restaurants.
Le Musée municipal Ducastel-Vera
Le musée voit le jour en 1848 sous l'impulsion de Louis-Alexandre Ducastel, notable fortuné, et de l'artiste Eugène Bunout. Initialement constitué grâce aux dons des habitants, il prend une envergure majeure en 1872 avec le legs de l'immense collection personnelle de Ducastel. Le musée devient aussi un lieu de mémoire de l'Art Déco avec la donation, en 1968, du fonds d'atelier des frères Vera, pionniers du style. Pour honorer ces généreux contributeurs, l'institution est officiellement renommée Ducastel-Vera en 2021. Aujourd'hui labellisé "Musée de France", il conserve près de 9 000 œuvres couvrant une période allant de l'Antiquité égyptienne au XXe siècle. Ses collections sont réparties sur trois sites : l'espace Paul-et-André-Vera, la Maison natale de Claude Debussy et la remarquable Apothicairerie royale du XVIIe siècle.
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Reconstitutions numériques du Château-Neuf sur la plateforme PLEMO 3D (2025, détail)
Israël Silvestre. Veue du Château Neuf de St Germain en Laye.(1666) Eau-forte -Musée Ducastel-Vera © Ville de Saint-Germainen- Laye, cl. M. Bury
L'apothicairerie royale






