Romain Bernini - Voyages à Giphantie à la Fondation Henri Cartier-Bresson
Romain Bernini illustre un livre prémonitoire, Giphantie, publié en 1760 et qui annonce de grandes innovations technologiques apparues des siècles plus tard. La Fondation Henri Cartier-Bresson accueille ses peintures méditatives et oniriques aux couleurs vibrantes.
Romain Bernini traduit en peinture un récit fantastique : Voyages à Giphantie
- Giphantie, de Charles Tiphaigne : un récit visionnaire
- Des peintures méditatives et flamboyantes inspirées d'un monde fantastique
- Romain Bernini : une expérience sensorielle et contemplative
- À la Fondation Henri Cartier-Bresson, de la photographie, mais pas que...

La base de l'exposition : Voyage à Giphantie, de Charles Tiphaigne
En 1760 paraît anonymement un petit ouvrage visionnaire : Giphantie. Son auteur est Charles Tiphaigne, un médecin et alchimiste normand dont l’identité est à peine dissimulée par le titre, qui est en réalité un anagramme de son nom. Ce récit de voyage fantastique dans un "pays de nulle part" se distingue par une haute élévation morale ainsi qu'une conscience politique et écologique surprenante pour son époque. C'est une œuvre prémonitoire exceptionnelle : l'auteur prédit, plus d’un demi-siècle avant les travaux de Nicéphore Niépce et Louis Daguerre, l'invention d'un mode de production d'images qui ressemble étrangement à la photographie. Tiphaigne y anticipe aussi des technologies modernes majeures telles que la transmission à distance du son et des images, la télésurveillance, les lentilles de contact ou encore la nourriture lyophilisée. Longtemps oubliée, cette fiction utopique du XVIIIe siècle est aujourd’hui présentée dans son intégralité. Avec ses peintures inspirées de l'ouvrage, Romain Bernini propose un dialogue fascinant entre la littérature classique et l'art contemporain.
Romain Bernini traduit en peinture le monde étrange raconté par Tiphaigne
Le parcours de l'exposition est directement inspiré par l'imaginaire d'un pays fictif peuplé d'esprits élémentaires, où le visiteur est symboliquement guidé par un "préfet" dans des récits utopiques. Le spectateur est plongé dans des compositions énigmatiques où des personnages semblent en quête de sens, dans une expectative, comme si le temps était suspendu. L'ouvrage de Charles Tiphaigne peuple ce voyage de figures fantomatiques ou mythologiques, parcourt les mers, les forêts plantées d'arbres fantastiques, affronte la tempête et découvre un globe étrange rempli de bruits assourdissants de la Terre. Qu'il utilise l'huile ou l'aquarelle, Romain Bernini fait irradier ses toiles d'un étrange mystère, avec une technique très aboutie des couleurs et des compositions.
Les compositions énigmatiques de Romain Bernini, à la technique travaillée, nous plongent dans un état méditatif et dans l'expectative d'un événement extraordinaire qui peut tout chambouler.
Romain Bernini, peinture sensorielle et contemplative
Né en 1979, Romain Bernini vit et travaille à Paris. Depuis deux décennies, il construit une œuvre imposante à la croisée de la figuration et d'une forme d'ésotérisme urbain. Son style se nourrit d'influences variées, depuis le mouvement américain Color Field aux traditions artistiques classiques et à la culture populaire. Les toiles de Bernini sont célèbres pour leurs scènes énigmatiques, qui mettent souvent en scène des personnages masqués, des animaux ou des paysages imaginaires aux couleurs vibrantes, invitant à une expérience sensorielle et contemplative. Ancien pensionnaire de la Villa Médicis entre 2010 et 2011, l'artiste enseigne à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris depuis 2023. Son travail a été exposé dans de nombreuses institutions, du Palais de Tokyo au Musée d'art moderne de Fontevraud, et ses oeuvres font partie de collections prestigieuses comme celle du Centre Pompidou.
La Fondation Henri Cartier-Bresson : de la photographie, mais pas que...
L’exposition Voyages à Giphantie marque une volonté d'ouverture aux arts plastiques au sein d'une institution traditionnellement dédiée à la photographie. Lorsqu’en 2003, Henri Cartier-Bresson et Martine Franck créent la Fondation, ils souhaitent en faire un lieu dédié aux photographes de toutes tendances et générations, mais aussi aux "peintres, aux sculpteurs et aux dessinateurs". Après l’exposition des sculptures d’Alberto Giacometti en 2005, puis des dessins de Saul Steinberg trois ans plus tard, c'est au tour de Romain Bernini de renouveler les propositions de la fondation.
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Courtesy de l'artiste






