Festival June Events : la danse du devenir
Pour sa 20e édition, le Festival June Events de l'Atelier de Paris confirme sa vocation de donner à découvrir de nouveaux talents de la danse contemporaine du monde entier. Dans la verdure du bois de Vincennes et dans des lieux partenaires, une programmation ancrée dans les enjeux sociétaux de notre époque pour trouver dans le corps et le mouvement l'énergie et la joie de notre avenir.
Festival June Events : à la découverte de chorégraphes singuliers
- June Events, un festival convivial qui invite à la rencontre
- Focus Emergences : découvrir le travail des artistes accompagnés par l'Atelier de Paris
- La Saison Méditerranée : Maroc, Tunisie et Liban à l'honneur
- Anne Sauvage, Directrice : la découverte d'un art d'une liberté absolue

Un Festival convivial riche de rencontres et découvertes
L'accompagnement de nouveaux talents chorégraphiques est au cœur de la mission de l'Atelier de Paris, centre de découverte chorégraphique national (CDCN) soutenu par le Ministère de la Culture et la Mairie de Paris. Sa mission : soutenir la création, la diffusion, l'éducation artistique et culturelle et la formation des artistes et des professionnels. La Cartoucherie du Bois de Vincennes, où réside l'Atelier de Paris, est un marqueur important du Festival June Events. Dans la fraîcheur bucolique de cet îlot de verdure, le Festival propose "des soirées construites en mode XXL" : plusieurs spectacles le même soir, précédés d'une rencontre en début de soirée avec des artistes en résidence à l'Atelier de Paris. Et tous les samedis, la fête continue avec un DJ set festif et convivial. Avec une tarification particulièrement accessible (10 € la place pour les détenteurs d'un pass 4 spectacles), June Events ambitionne de faire tomber les barrières et d'élargir les publics de la danse, notamment par des partenariats avec les milieux scolaires, médico-sociaux et le champ social.
Temps fort du début du Festival : le focus Émergences
Du 26 au 30 mai, le festival s'ouvre avec un temps fort dédié aux artistes et collectifs émergents soutenus par l'Atelier de Paris dans le cadre du dispositif Visibilité partagée. Avec le soutien de la Caisse des Dépôts, ces artistes sont accompagnés par l'agence "Tous talents confondus" qui les coache sur leur travail de positionnement, de direction de compagnie et de diffusion. La soirée d'ouverture a permis de découvrir le travail de Mitkhal Alzghair. Dans "Paisiblement", le chorégraphe syrien interprète avec deux autres danseurs une évocation délicate et sensible des ravages de la guerre civile et des violences militaires dans leur pays dévasté. Si le sujet est bouleversant, le traitement n'en reste pas moins poétique et lumineux, ancré dans une gestuelle folklorique douce et touchante. Le même soir, le collectif québécois Parts+Labour a livré avec Labour un fascinant mouvement simple répété à l'infini pour célébrer l'endurance physique et la diversité humaine, féminine, trans ou queer. Le 5 juin, le Festival accueille les jeunes élèves de la Manufacture de Lausanne, Haute École des Arts de la Scène. Depuis les rituels de joie libérateurs de Jolie Ngemi à l'étude du mouvement en boucle de Jeremy Nedd, les onze interprètes déploient une danse engagée et ancrée dans l'héritage des danses sociales.
"Cette 20e édition est très reliée à l'état du monde. C'est une danse de la résistance, du devenir et de l'espoir." Anne Sauvage, Directrice de l'Atelier de Paris
Le fil conducteur de la programmation : face à l'état du monde, les danses de l'espoir
Anne Sauvage, Directrice de l'Atelier de Paris et programmatrice du Festival, annonce la couleur : le Festival résonne des préoccupations d'un monde en souffrance. La violence, l'emballement numérique, les injustices sociales ou les discriminations sont des thèmes très présents dans le travail des chorégraphes. Mais June Events n'est pas qu'une tribune d'alerte ou de sensibilisation : la danse est un vecteur de résistance, mais aussi d'espoir, de joie, une danse du devenir. Tout au long de cette programmation, les gestes font oeuvre de guérison, les chorégraphies deviennent rituels, les plateaux se transforment en espaces de fluidité, de résilience et de libération." C'est aussi un outil de reconnexion au vivant dans toute sa diversité. Dans Holobiontes, Florencia Demestri et Samuel Lefeuvre s'inspirent d'une réalité biologique, celle des micro-organismes qui constituent les êtres vivants, plantes, animaux ou êtres humains. Un univers multicolore et poétique qui, selon Anne Sauvage, célèbre "le vivant, la relation entre les différentes espèces et leur transformation continuelle."

Programmation spéciale : la Saison Méditerranée
Du 11 au 13 juin, June Events met à l'honneur la richesse et la diversité des scènes artistiques libanaise, marocaine et tunisienne. Le chorégraphe franco-tunisien Selim Ben Safia en supervise la programmation, en partenariat avec l'Arab Dance Platform qui réunit le Beirut Dance Lab, les Rencontres chorégraphiques de Casablanca et la structure tunisienne Al Badi. Samer Zaher est une des figures émergentes de la scène libanaise. Avec la fusion de danse traditionnelle dabké, de voguing et d'influences Bollywood, son travail hybride les formes et interroge les notions d'identité. Le Tunisien Selim Ben Safia a conçu la scénographie de son spectacle Labes à partir de ses recherches sur le Quartier Maghrébin de Jérusalem, détruit en 1967. Son installation transforme le plateau en un espace hanté par les ombres d’un lieu disparu. Le Marocain Mehdi Dahkan sonde dans KM's of Resistance la puissance du souffle et de la respiration pour symboliser la lutte contre l'oppression.

Anne Sauvage : la danse, un art d'une liberté absolue

La Directrice de l'Atelier de Paris n'est pas danseuse à la base. La danse est une discipline qu'elle n'a pas eu l'occasion de découvrir dans son enfance. Formée en sciences humaines, elle a depuis toujours une passion pour l'Histoire. Paradoxalement, la danse lui a permis de renouer avec cette passion par le regard singulier qu'elle a sur le monde et sa capacité à amplifier nos perceptions. C'est une amie à elle qui lui a fait découvrir la danse contemporaine. "Le spectacle vivant m’a révélé un art d’une liberté absolue, une capacité à exprimer des choses que les mots ne peuvent pas exprimer." Elle a ensuite travaillé au CCN de Créteil alors dirigé par José Montalvo et Dominique Hervieu, puis à l'Atelier de Paris lorsqu'il était dirigé par Carolyn Carlson. Pour elle, "la danse nous rappelle que nous pouvons encore espérer vivre autrement. Et repartir dotés de ses superpouvoirs."
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Mitkhal Alzghair - Paisiblement © Patrick Berger
Marcela Santander Corvalán -Agwuas © Makoto C. Okubo
Benjamin Kahn - Focu Meu © Florent Roux
Selim Ben Safia - Labes © Patrick Berger






