Histoires de danses, l'épopée du Festival Montpellier Danse
Pour lancer sa 46e édition, le Festival Montpellier Danse propose une expérience immersive originale sous forme de déambulation. Par petits groupes, les spectateurs parcourent l'Agora, du plateau aux studios jusqu'à la cour, pour des extraits de spectacles qui ont marqué l'histoire du Festival.
Déambulation dans des moments historiques du Festival Montpellier Danse
- Une histoire de transmission pour continuer à inventer la danse
- Une déambulation de Jann Gallois à Babx en passant par Salia Sanou
- Redécouverte d'œuvres chorégraphiques devenues mythiques
- Showcase de créations contemporaines

Des moments forts de danse qui ont marqué l'histoire du Festival
Dominique Hervieu, codirectrice du festival, a voulu rendre hommage à "ceux qui ont inventé quelque chose dans ce lieu, un lieu de danse et d'histoires sensibles". Des spectacles bien sûr, mais aussi des histoires fortes d'amitié et de connivence, comme lorsque Jean-Paul Montanari, directeur du festival jusqu'à son décès soudain fin 2024, a répandu une partie des cendres de Merce Cunningham dans la cour de l'Agora. C'est donc sous le signe de la transmission que s'inscrit cette ouverture : "être avec cette histoire pour inventer".
Une déambulation dans des formes brèves de chorégraphie
Le parcours commence sur la scène de l'Agora où Jann Gallois, codirectrice du festival, propose une réécriture tant chorégraphique que musicale de son solo "Ineffable" créé à Montpellier Danse en 2021. Jann reprend le début de cette pièce et le combine avec un autre solo, "Impulsion", créé quelques années plus tard. C'est une exploration vibrante de l'énergie vitale, entre influences bouddhistes et pulsations électro. Après cette introduction collective, le public est réparti en petits groupes pour parcourir différents espaces de l'Agora avant de se réunir à nouveau dans la cour, avec au total sept propositions.
"Être avec cette histoire du festival pour inventer la danse." Dominique Hervieu
Redécouverte d'œuvres chorégraphiques devenues mythiques
Parmi les pièces qui ont façonné l'identité du Festival, on retrouve "Soapopéra", une installation performative de Mathilde Monnier qui plonge le spectateur dans une étendue mouvante de mousse de savon d'où émergent trois silhouettes fantomatiques et troublantes. Une expérience "contemplative et dystopique" explique la chorégraphe. Autre installation surprenante, "100% Polyester" de Christian Rizzo et Caty Olive fait se mouvoir des vêtements suspendus dans une lumière presque surnaturelle. On est immédiatement ébahis par cette fulgurance qui voit la danse exister en l'absence de corps humains. La soirée convoque aussi la mémoire de Dominique Bagouet avec "La Cour des anges", adaptation du "Saut de l'ange", une pièce créée en 1987 à Montpellier. Pour cette adaptation, Laurent Pichaud réunit sept des dix interprètes d'origine. La présence digne et sobre de ces corps marqués par le temps rend cette proposition particulièrement touchante. Fabrice Ramalingom accueille les spectateurs dans l'intimité d'un studio pour réinterpréter des gestes de Trisha Brown, dont les œuvres ont ponctué de nombreuses éditions du festival.
Showcase de créations contemporaines
Cette déambulation permet aussi de découvrir le travail singulier de chorégraphes contemporains, avec un gros coup de cœur pour la performance imaginée par le chorégraphe Salia Sanou et le plasticien Nicolas Clauss, "D'un lointain si proche". Un voyage et une aventure humaine au Cameroun à la rencontre d'une jeunesse bourrée d'énergie, entre tradition et modernité. Cette expérience leur a permis de rassembler des vidéos d'une grande beauté, mises en scène dans une installation remarquable qui fait jaillir les images de la pénombre. En écho à ces images, le chorégraphe danse en résonance avec les mouvements dans les vidéos, tandis qu'une chanteuse à la présence majestueuse remplit la salle de sa voix pleine et veloutée. Les musiciens Babx et Benjamin Chaval donnent à écouter au casque des musiques de pièces données au festival, tandis qu'Hofesh Shechter donne un extrait de son magnifique spectacle pour sa compagnie junior, "In the Brain". Le parcours se termine dans la cour de l'Agora où Dimitri Chamblas et Zoé Lakhnati présentent 7, une création née à Sète en 2025. Dans la cour transformée en plage, une trentaine de performeurs amateurs arrivent, à pied, en moto ou en charrette, pour s'installer sur leurs serviettes de plage ou sous une tente. Un drôle de moment suspendu, baroque et singulier, qui rappelle la puissance des créations de Peeping Tom.
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