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Josef K., d'après "Le Procès" de Kafka

Clément Poirée, Directeur du Théâtre de La Tempête, donne au cauchemar absurde du "Procès" de Kafka une dimension fantastique en croisant le récit avec la mémoire des rêves et de l'inconscient du héros sur la base des récits et correspondances intimes de Kafka. Avec une troupe pluridisciplinaire, une introspection fascinante dans les obsessions de Kafka.

11/9/2026
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18/10/2026
Théâtre de La Tempête

Une adaptation onirique du "Procès" de Kafka par Clément Poirée

  • Le contenu de la pièce : croisement d'une persécution cauchemardesque et de l'inconscient de l'auteur
  • Une mise en scène du labyrinthe qui mêle pratiques circassiennes, théâtre et danse
  • Clément Poirée : l'expérience collective du théâtre
  • L'univers de Kafka : humour noir et désespoir de la condition humaine
Josef K. d'après "Le Procès" de Kafka au Théâtre de La Tempête
© Fanchon Bilbille

Le contenu de la pièce : une persécution cauchemardesque imprégnée des rêves de Kafka

Le matin de son trentième anniversaire, alors qu'il s'apprête à aller travailler, Josef K. se réveille en sursaut lorsque deux policiers pénètrent dans sa chambre pour l'arrêter sans motif apparent. Clamant son innocence, le protagoniste se débat désespérément face à une machine administrative opaque et tentaculaire, régie par une loi invisible et implacable dont personne ne semble porter la responsabilité. Dans cette adaptation, Clément Poirée croise le récit éveillé du héros avec les textes de sa vie inconsciente, en puisant largement dans les récits brefs, les correspondances et le journal des rêves de Franz Kafka. Sur scène, on assiste à un thriller existentiel à la frontière de la veille et du sommeil pour sonder les profondeurs mentales du héros. La vie nocturne et fantastique de Josef K. est jalonnée d'hallucinations, de peurs, de désirs et de fantasmes. Cet univers onirique est peuplé de figures surréalistes et insolites : des anges déchus, un champion olympique de natation, un toréador désœuvré ou encore un homme-écureuil. Ces visions troublantes côtoient des figures plus concrètes de son quotidien, telles qu'une avocate, une voisine ou un juge d'instruction. En filigrane de ces univers, des questionnements vertigineux sur la culpabilité, l'obéissance et la fascination pour le pouvoir.

Mise en scène : un labyrinthe de théâtre, de danse et de cirque

Dans cette singulière mise en abyme, la scénographie conçue par Erwan Creff matérialise un labyrinthe à la fois physique et mental grâce à des éléments mobiles qui se décomposent, se recomposent et se ferment sur le héros : les murs de sa chambre délimitent un espace mû par des métamorphoses constantes. La puissance visuelle du spectacle s'appuie sur des choix d'accessoires et de costumes singuliers, tels que des gardes vêtus de combinaisons de cuir moulantes à anneaux. Les huit comédiens-chanteurs-circassiens se livrent à un jeu très physique et multidisciplinaire, mariant l'art dramatique au théâtre musical, à la danse et aux pratiques circassiennes comme la corde lisse. On évolue ainsi entre une atmosphère inquiétante et une touche de burlesque à la Buster Keaton.

"Le monde chez Kafka est une perception, un rêve, une hallucination. En cela, son écriture est profondément théâtrale." Clément Poirée

Clément Poirée : l'expérience collective du théâtre

Clément Poirée dirige le Théâtre de La Tempête depuis 2017. Son style poétique et inventif remet régulièrement en question le quatrième mur et la frontalité traditionnelle pour privilégier l'expérience collective. Son répertoire navigue avec aisance entre les classiques et les écritures contemporaines. Avant de prendre la direction de La Tempête, il crée avec sa compagnie Hypermobile plusieurs pièces remarquées. Il s'est également illustré dans le domaine de l'opéra en mettant en scène La Cenerentola de Rossini. Clément Poirée défend un théâtre de troupe et fait souvent appel à la même bande de comédiens, comme Pascal Cesari dans le rôle-titre de Josef K.

L'univers de Kafka

Originaire de Prague, Franz Kafka (1883-1924) est un écrivain tchèque de langue allemande. Il n'a pas écrit directement pour le théâtre. Spectateur assidu des salles de spectacle, il a néanmoins produit une littérature dont la puissance visuelle, le caractère picaresque et la matérialité des situations possèdent une théâtralité innée. Dans ses romans, ses correspondances et ses journaux intimes, il fait preuve d'une grande fantaisie qui égare le lecteur au milieu d'énigmes plutôt que de le soumettre à une morale simpliste. Son écriture, à l'humour noir et désespéré, sonde la subjectivité humaine, la solitude, le désespoir, l'aliénation et la persécution, mettant en lumière la manière dont les individus participent à leur propre asservissement dans un monde absurde. Le Procès, est une œuvre inachevée qui a été transmise sous la forme d'un puzzle librement assemblable dont les chapitres n'avaient pas d'ordre préconçu. Ses œuvres les plus connues sont Le Verdict (1913), La Métamorphose (1915), et publiées à titre posthume Le Procès (1925) et Le Château (1926).
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D'après Le Procès de Franz Kafka
Clément Poirée
adaptation et mise en scène
Avec Pascal Cesari, Jeanne Lepers, Matthieu Marie, Riccardo Pedri, Lauren Pineau-Orcier, Nanténé Traoré, Aymeric Trionfo, Julien Villa

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11/9/2026
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18/10/2026
Théâtre de La Tempête
La Cartoucherie - Route du Champ de Manœuvre 75012 Paris
Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h - Durée : 2 h 15
Photos de répétition © Fanchon Bilbille
Auteur
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